Peste en France : risque de retour de l’épidémie en 2025 ?

Aucun cas autochtone de peste n’a été signalé en France métropolitaine depuis 1945, mais plusieurs foyers persistent dans le monde, notamment à Madagascar et dans l’ouest des États-Unis. L’Organisation mondiale de la santé recense chaque année plusieurs centaines de contaminations humaines, principalement dans des régions rurales.

En France, la surveillance sanitaire s’est affinée au fil des décennies. Les protocoles sont rodés, les équipes mobilisées. Pourtant, la multiplication des échanges internationaux chamboule la donne. Les frontières sanitaires se troublent, les risques se déplacent. Sur le territoire, certaines espèces animales demeurent sensibles à Yersinia pestis. Les craintes liées à l’antibiorésistance poussent les experts à ne rien laisser passer.

Peste en France : retour sur une histoire marquante et sur la situation actuelle

Impossible d’évoquer la peste en France sans repenser aux grands drames de l’Histoire. La grande peste de Marseille en 1720, véritable traumatisme collectif, a laissé des traces. Des dizaines de milliers de morts, une ville marquée à jamais. Depuis, la maladie a reculé, chassée par la progression de l’hygiène, de la médecine, et la mise en place de surveillances rigoureuses. Le dernier cas d’origine locale en métropole date de 1945. Néanmoins, le bacille responsable, Yersinia pestis, n’a jamais déserté la planète.

On doit à Alexandre Yersin et à l’Institut Pasteur la découverte du bacille en 1894, une avancée décisive pour comprendre la transmission. Aujourd’hui, à Paris, Lille et ailleurs, des chercheurs comme Florent Sebbane ou Javier Pizarro-Cerda poursuivent la traque scientifique : typage génétique, observation des souches, suivi de leur résistance. Le centre national de référence coordonne le travail avec les autorités sanitaires, toujours en lien avec l’OMS.

La France n’est plus une zone de circulation active. Mais l’existence de foyers dans d’autres régions du globe, conjuguée à la mondialisation, impose de rester sur le qui-vive. Un voyageur, un animal contaminé, et le scénario d’un retour n’est plus de la fiction. Les spécialistes insistent : la vigilance et la capacité d’alerte rapide sont des garde-fous dont il ne faut jamais se détourner.

Quels sont les symptômes à reconnaître et comment la maladie se transmet-elle aujourd’hui ?

La peste revêt plusieurs visages. Elle se manifeste principalement sous trois formes : bubonique, pulmonaire ou septicémique. La version la plus courante, la peste bubonique, débute par une fièvre intense (souvent au-delà de 39 °C) et l’apparition d’un bubon : ganglion lymphatique gonflé, très douloureux. Frissons, douleurs, état fébrile généralisé accompagnent souvent ce tableau.

La peste pulmonaire, plus rare mais redoutable, évolue en quelques heures. Toux sévère, expectorations sanglantes, difficultés respiratoires : sans traitement, la mort survient parfois en moins de deux jours. Enfin, la forme septicémique entraîne un choc infectieux fulgurant, sans trace de bubon.

La transmission interpelle. La peste reste avant tout une zoonose : les rongeurs (notamment les rats) servent de réservoir, la puce fait le pont entre l’animal et l’humain. Pour la forme pulmonaire, la propagation s’opère aussi par voie aérienne, via les gouttelettes respiratoires. Ce mode de transmission explique le potentiel épidémique majeur de cette variante. Pour la peste bubonique, le risque de contamination directe demeure faible, sauf manipulation de tissus infectés ou contact avec des fluides contaminés.

Face à la maladie, c’est la détection rapide des symptômes, associée à une compréhension fine des modes de contagion, qui permet d’éviter la propagation.

Facteurs de réémergence : pourquoi le risque d’une nouvelle épidémie n’est pas totalement écarté

La peste n’a pas déserté la scène mondiale. Même si la France n’a pas signalé de cas autochtone depuis des décennies, la vigilance reste de mise. Madagascar, la République démocratique du Congo, certaines régions d’Amérique comme l’Arizona : la maladie y refait surface régulièrement, parfois avec une violence inattendue. Chaque année, l’OMS recense la présence du bacille dans une dizaine de pays.

Le problème fondamental : la persistance de réservoirs animaux. Yersinia pestis circule encore chez de nombreux rongeurs sauvages en Asie centrale et à Madagascar. Un simple incident, un voyageur contaminé, un animal importé, pourrait suffire à relancer la chaîne de transmission sur le sol européen. L’intensification des déplacements et le commerce d’animaux exotiques accentuent ce risque.

Autre source d’inquiétude : l’émergence de résistances aux antibiotiques. À Madagascar, des souches résistantes ont déjà été isolées. On ne peut pas exclure l’apparition de variants plus coriaces, favorisés par les mutations ou les échanges de matériel génétique entre bactéries.

Enfin, la peste sait se faire discrète à ses débuts. Si la surveillance flanche, un diagnostic tardif pourrait laisser le temps à une épidémie de prendre de l’ampleur, notamment sous sa forme pulmonaire. Les équipes de l’Institut Pasteur et les centres de référence travaillent donc sans relâche, multipliant les analyses et la veille pour rester en alerte face à toute menace de retour.

Jeune femme assise au café parisien anxieuse

Prévention, traitements et conseils pratiques pour se protéger en 2025

La maîtrise du risque peste passe d’abord par la gestion des animaux porteurs et la vigilance dans les milieux à risque. Les opérations régulières de dératisation et de désinsectisation, notamment dans les ports et aéroports, limitent la prolifération des puces et rongeurs vecteurs.

Voici les mesures recommandées dans les zones soumises à une surveillance accrue :

  • évitez tout contact avec les rongeurs ou leurs déjections ;
  • prévenez les autorités en cas de mortalité animale inhabituelle ;
  • respectez une hygiène stricte des mains et des surfaces ;
  • réduisez l’exposition aux puces pendant un séjour dans une région touchée.

La vaccination contre la peste existe, mais n’est pas proposée à la population générale en France. Seuls certains professionnels, notamment en laboratoire ou exposés à des contextes spécifiques, peuvent y accéder.

En matière de soins, tout repose sur un traitement antibiotique rapide (fluoroquinolones, tétracyclines, streptomycine) dès l’apparition des premiers signes. Cette prise en charge précoce évite le basculement vers les formes les plus dangereuses, comme la peste pulmonaire ou septicémique. Une antibioprophylaxie peut aussi être prescrite aux personnes exposées lors de la découverte d’un foyer.

Enfin, des centres spécialisés tels que l’Institut Pasteur et le centre national de référence actualisent régulièrement les protocoles, forment les professionnels de santé et veillent à ce que la chaîne de réponse reste opérationnelle. Rapidité du diagnostic, coordination, réactivité : autant de facteurs qui, en cas d’alerte, feront toute la différence.

La peste n’est plus un fléau du passé, mais un défi de vigilance et de rigueur. À l’heure où les frontières s’effacent et où les microbes savent voyager, le retour du bacille n’est jamais tout à fait exclu. Rester attentif, c’est choisir de ne pas laisser l’histoire se répéter.

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